Logo voiture avec un cheval : histoire et signification des emblèmes équestres
Le cheval est l’un des symboles les plus puissants du monde automobile. De Ferrari à Porsche en passant par Ford, plusieurs constructeurs ont choisi cet animal pour incarner leur identité. Mais connaissez-vous l’histoire derrière chaque logo ?
Chez Espace Sélection Automobiles, nous avons mené l’enquête. Voici ce que cachent ces emblèmes équestres, leurs origines parfois surprenantes et les marques que vous ne soupçonnez peut-être pas.
Les marques de voitures qui arborent un cheval sur leur logo
Trois constructeurs dominent immédiatement l’imaginaire collectif : Ferrari, Porsche et Ford Mustang. Chacun a fait du cheval sa signature, mais pour des raisons radicalement différentes. Ferrari y voit un héritage militaire, Porsche un ancrage territorial, et Ford un symbole de liberté sauvage.
Pourtant, la liste ne s’arrête pas là. Plusieurs autres marques, moins médiatisées, utilisent aussi le cheval comme emblème.
| Marque | Pays | Type de cheval | Signification |
|---|---|---|---|
| Ferrari | Italie | Cabré (Cavallino Rampante) | Héritage de l’aviateur Baracca |
| Porsche | Allemagne | Cabré dans un blason | Armoiries de Stuttgart |
| Ford Mustang | États-Unis | Galopant vers la gauche | Mustang sauvage des prairies |
| Kamaz | Russie | Cabré | Force des steppes russes |
| Baojun | Chine | Tête stylisée | « Cheval précieux » (traduction du nom) |
| Iran Khodro | Iran | Tête de pur-sang arabe | Tradition équestre persane |
| Carlsson | Allemagne | Cheval ailé | Vitesse et personnalisation |
| Pegaso | Espagne | Pégase (ailé) | Mythologie, excellence (marque disparue) |
Kamaz produit environ 40 000 camions par an et reste l’un des symboles industriels russes. Baojun, fruit d’une coentreprise entre General Motors, SAIC et Wuling Motors fondée en 2010, vise quant à elle le marché chinois accessible. Des profils très différents, unis par le même animal totémique.
Ferrari et le Cavallino Rampante : l’héritage de Baracca
L’histoire du cheval cabré de Ferrari remonte bien avant la création de la marque. Elle commence avec Francesco Baracca, as de l’aviation italienne pendant la Première Guerre mondiale. Avant de piloter des avions, Baracca servait dans le prestigieux 2e régiment royal de cavalerie du Piémont, dont l’emblème héraldique était un cheval cabré, et ce depuis 1692.
En 1917, Baracca peint ce cheval sur le fuselage de son avion. Il le colore en noir pour qu’il se détache nettement, alors que l’original du régiment était argenté. Le pilote est abattu en 1918, mais son symbole lui survit.

La rencontre décisive a lieu en 1923. Après une victoire au Circuit de Savio, près de Ravenne, Enzo Ferrari rencontre Paolina Biancoli, la mère de Baracca. Elle lui suggère d’apposer le cheval de son fils sur ses voitures. « Il vous portera chance », lui aurait-elle dit. Enzo accepte et ajoute un fond jaune, couleur officielle de Modène, sa ville natale.
Le logo ne prend sa forme définitive qu’au fil des décennies. En 1930, l’artiste Gino Croari redessine le cheval pour un livret commémoratif dédié à Baracca : la queue est relevée (contrairement à l’original), la silhouette gagne en dynamisme. En 1945, Enzo confie la refonte à Eligio Gerosa, graveur milanais. Sa consigne : aucune courbe, car elles lui rappelaient les calandres Bugatti. Le logo rectangulaire apparaît en 1947 sur la Ferrari 125 S, première voiture portant officiellement le nom Ferrari.
Porsche : quand Stuttgart signifie « haras »
Le cheval de Porsche n’a rien à voir avec un héros de guerre. Son origine est géographique. Stuttgart, berceau de la marque, tire son nom de Stuotgarten, qui signifie littéralement « jardin des juments » en vieil allemand. La ville utilisait déjà un cheval cabré dans ses armoiries bien avant l’arrivée de l’automobile.
L’ingénieur Franz Xaver Reimspiess conçoit le logo Porsche dans les années 1930. Le blason final combine les armoiries de Stuttgart (le cheval au centre) avec celles du Wurtemberg (bois de cerf rouge et noir, rayures or). Ce design apparaît pour la première fois sur la Porsche 356 au début des années 1950. Comme pour les origines de Volvo, c’est l’identité régionale qui forge l’emblème.
Un détail fascine les historiens de l’automobile : le lien possible entre les deux chevaux. Selon une théorie persistante, Baracca aurait abattu un pilote allemand originaire de Stuttgart, dont l’avion portait le cheval de la ville. Il l’aurait ensuite adopté comme trophée. Les deux logos les plus célèbres de l’automobile partageraient donc une origine commune. Le Museo Francesco Baracca ne possède toutefois aucun document confirmant cette version. Le mystère reste entier.
Du Mustang sauvage aux logos méconnus
Chez Ford, le cheval ne vient ni d’un blason ni d’un héros militaire. Il incarne les mustangs sauvages des grandes prairies américaines. En 1964, le designer Phil Clark, alors âgé de seulement 27 ans, crée l’emblème après pas moins de 100 itérations. Le cheval galope vers la gauche, un choix esthétique devenu sa signature.
Le succès est immédiat. La Mustang invente à elle seule la catégorie des « pony cars » et dépasse les 10 millions d’exemplaires vendus depuis son lancement. Les éditions spéciales ont parfois troqué le cheval pour d’autres symboles (le cobra sur les Shelby, par exemple), mais le galopant reste l’icône absolue.

Parmi les marques moins connues, quelques histoires méritent le détour :
- Kamaz (Russie) adopte son cheval après 1969 pour évoquer les steppes et la robustesse mécanique de ses poids lourds.
- Baojun (Chine), dont le nom se traduit par « cheval précieux », affiche un profil stylisé depuis 2010.
- Iran Khodro présente depuis 1962 une tête de pur-sang arabe, avec un museau court et des oreilles fines, fidèle aux caractéristiques anatomiques de la race.
- Pegaso (Espagne), marque aujourd’hui disparue, avait choisi Pégase, le cheval ailé de la mythologie grecque.
Pourquoi le cheval et pas un autre animal ?
Beaucoup de constructeurs utilisent des animaux dans leurs logos. Le taureau de Lamborghini, le jaguar bondissant, le Spirit of Ecstasy de Rolls-Royce. Alors pourquoi le cheval revient-il aussi souvent ?
La réponse tient à ce qu’il représente : puissance, vitesse, liberté et noblesse, quatre valeurs que l’automobile cherche à incarner depuis ses origines. Un lion ou un tigre évoque la férocité, mais de manière statique. Le cheval, lui, est en mouvement. Il bondit, il galope. C’est un animal dynamique, associé au déplacement bien avant l’invention du moteur.
Cette universalité culturelle explique aussi sa présence sur tous les continents : en Europe avec Ferrari et Porsche, aux États-Unis avec Mustang, en Russie avec Kamaz, en Chine avec Baojun, en Iran avec IKCO. Selon Brand Finance, Ferrari est la marque la plus puissante au monde (classement 2019-2020), et son cheval cabré y est pour beaucoup. L’emblème reste identifiable sans aucun texte, à n’importe quelle distance.
Nous pensons que cette longévité du symbole équestre dans l’automobile n’est pas près de s’éteindre. Tant que les voitures incarneront la vitesse et la liberté, le cheval restera leur totem naturel.







