Voitures des années 60 : quels sont les modèles mythiques qui ont marqué l’histoire ?
Les voitures des années 60 n’ont pas simplement transporté des gens d’un point A à un point B. Elles ont redéfini ce que signifiait conduire, rêver et collectionner. Ferrari, Ford, Citroën, Lamborghini : chaque constructeur a écrit sa propre légende durant cette décennie exceptionnelle.
Vous êtes passionné par ces automobiles mythiques ou vous envisagez d’en acquérir une ? Nous avons rassemblé l’essentiel pour vous guider : les modèles incontournables, le design d’époque, les innovations techniques et les conseils pratiques pour se lancer.
Les modèles iconiques des voitures des années 60
Les légendes américaines qui ont révolutionné la route
La Ford Mustang, lancée en 1964, incarne à elle seule l’esprit d’une génération. Plus d’un million d’unités vendues en deux ans : un record qui parle de lui-même. Son moteur V8, développant jusqu’à 350 ch, a posé les bases du concept de « pony car ».
Face à elle, le Pontiac GTO (1964) propulsait un V8 de 6,4 litres et 325 ch dans un gabarit accessible. Il a ouvert la voie aux muscle cars qui allaient dominer la décennie. La Dodge Charger, elle, poussait jusqu’à plus de 300 km/h en configuration NASCAR.
Le Ford GT40 mérite une mention particulière. Vainqueur des 24 Heures du Mans quatre fois consécutives entre 1966 et 1969, il humiliait Ferrari sur ses propres terres. Ses 500 ch issus d’un V8 7,0 litres lui permettaient d’atteindre une moyenne de 217 km/h au Mans (Ford Heritage, 2024). Une performance proprement stupéfiante pour l’époque.
L’AC Cobra de Carroll Shelby (1963) combinait un châssis anglais léger et un V8 Ford brutal. Résultat : 0 à 100 km/h en 4 secondes. Une recette simple, mais redoutablement efficace.

Les supercars européennes qui ont tout changé
En Europe, la Ferrari 250 GTO (1962) reste l’une des automobiles les plus désirées de l’histoire. Seulement 36 exemplaires produits, triple championne GT de 1962 à 1964. Son prix aux enchères a atteint 70 millions de dollars en 2023.
La Lamborghini Miura (1966) révolutionne la conception même de la supercar. Première voiture de série équipée d’un moteur central-arrière V12 de 3,9 litres développant 350 ch. Elle invente littéralement un genre qui existe encore aujourd’hui.
L’Aston Martin DB5 (1963) frappe différemment. Son 6-cylindres de 4,0 litres délivre 282 ch pour une vitesse maximale de 240 km/h. Rendue célèbre par James Bond, elle symbolise l’élégance britannique à son sommet. La Jaguar E-Type (1961), avec sa ligne élancée signée Malcolm Sayer, complète ce tableau européen d’exception.
Un design hors du commun, signature d’une décennie
Lignes, chromes et silhouettes qui ont défini une époque
Le chrome omniprésent est la signature visuelle des années 60. La Cadillac De Ville, avec ses plus de 5,7 mètres et ses ailes arrière proéminentes, illustre parfaitement cette esthétique exubérante. Chaque surface était une déclaration d’intention.
À l’opposé, l’Austin Mini (1959-2000) démontrait qu’un design compact pouvait être tout aussi fort. Ses 70 ch pour seulement 620 kg en faisaient une icône pop, aussi agile sur route que percutante visuellement. La Peugeot 404, dessinée par Pininfarina, apportait quant à elle une élégance italienne accessible à la berline familiale.
Du muscle car agressif à l’élégance des gran turismo
Deux philosophies coexistaient dans les années 60. D’un côté, le muscle car américain : lignes musclées, capot bombé, silhouette agressive. De l’autre, le gran turismo européen : proportions harmonieuses, lignes tendues, raffinement absolu.
La Mercedes 600 (1964), dessinée par Paul Bracq, incarnait la modernité du luxe allemand. Sa carrosserie imposante cachait un système hydraulique central inédit gérant vitres, freins et direction assistée. Le Volvo P1800 proposait, lui, un coupé élégant à la silhouette aérodynamique remarquable pour l’époque.

Les innovations technologiques qui ont transformé l’automobile
Les années 60 ont été une période d’expérimentation intense. Plusieurs avancées majeures ont durablement influencé l’automobile moderne.
- Le moteur central-arrière en série : inauguré par la Lamborghini Miura (1966), repris par la Ferrari Dino 206 GT (1968), il est aujourd’hui la norme sur toutes les supercars.
- La turbine à gaz : Chrysler a produit 55 exemplaires de sa Turbine Car (1963), capable de fonctionner avec différents carburants liquides. Une curiosité visionnaire qui n’a pas survécu à la crise pétrolière.
- Les freins à disque et suspensions indépendantes : la Toyota 2000GT (1967) combinait double triangle à chaque roue et 150 ch, prouvant que fiabilité et performance pouvaient coexister.
- Les V8 de grande cylindrée : le Camaro (1966) embarquait un V8 6,5 litres de 350 ch, repoussant les limites de ce qu’une voiture de serie pouvait offrir.
- La suspension hydropneumatique : perfectionnée par Citroën sur la DS, elle offrait un niveau de confort et de tenue de route sans équivalent à l’époque.
La Chrysler Turbine Car reste l’exemple le plus audacieux. Clairement, personne ne s’attendait à voir un constructeur américain s’aventurer aussi loin hors des sentiers battus.
Les voitures françaises des années 60, un patrimoine à part entière
La France a produit durant cette décennie des automobiles qui comptent parmi les plus originales du monde. Leur influence reste visible jusqu’à aujourd’hui.
La Citroën DS est sans doute la plus avant-gardiste. Sa suspension hydropneumatique, sa direction assistée progressive et son design extraterrestre en faisaient une voiture venue du futur. Elle reste une référence absolue en matière d’innovation.
La Renault Alpine A110 (1962) a suivi une trajectoire différente. Légère, agile, redoutable en compétition, elle a décroché le titre de championne du monde des rallyes en 1973. Sa base technique remonte bien aux années 60, avec le moteur Gordini qui l’animait.
La Peugeot 404 (1960) mérite également toute votre attention. Carrosserie Pininfarina, fiabilité reconnue, version Diesel disponible : elle a conquis les marchés africains et reste aujourd’hui une voiture de collection accessible. Pour en savoir plus sur l’histoire des modèles de la marque au lion, consultez notre dossier sur les anciennes Peugeot, leurs modèles rares et leur cote de collection.
Deux autres modèles complètent ce panorama français : la Renault 8 Gordini (1964), avec ses 90 ch et ses succès en rallye, et la Citroën Méhari (1968), utilitaire en plastique ABS produit à plus de 140 000 exemplaires. La Facel Vega Facel II (1962), elle, représentait le luxe à la française propulsé par un V8 Chrysler de 6,3 litres et 390 ch, pour une vitesse maximale de 245 km/h.
Posséder une voiture des années 60 aujourd’hui, ce qu’il faut savoir
Acquérir une voiture de collection des années 60 est une aventure enthousiasmante. Mais elle demande une préparation sérieuse pour éviter les mauvaises surprises.
Les équipements de luxe d’époque, comme le système hydraulique central de la Mercedes 600 ou les sièges électriques de la Jensen Interceptor (1966), nécessitent des techniciens spécialisés. Ces technologies complexes ont mal vieilli sur certains exemplaires. Vérifiez toujours leur état fonctionnel avant achat.
Voici les points essentiels à retenir avant de vous lancer :
- Inspectez le châssis pour la rouille : les Alpine A110 et Mini sont particulièrement sensibles, un scan du soubassement est indispensable.
- Prévoyez un budget entretien annuel de 5 000 à 10 000 € pour un muscle car V8 américain comme la Cobra ou la Mustang.
- Privilégiez une Renault 8 Gordini restaurée : sa valeur a progressé de plus de 50 % par rapport à un exemplaire standard.
- Rejoignez la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) pour bénéficier de l’expertise gratuite des clubs DS, 404 et Alpine.
- Souscrivez une assurance collection auprès de spécialistes : les primes sont inférieures de 30 % environ à celles d’une voiture moderne.
Pour les débutants, la Peugeot 404 reste une porte d’entrée idéale : pièces abondantes, prix d’acquisition souvent inférieurs à 10 000 € et communauté de passionnés très active. Si vous vous intéressez aux modèles Peugeot compacts de cette époque, notre article sur la Peugeot 304, berline compacte emblématique, vous apportera des informations complémentaires utiles.
Attention à ne pas confondre pony car et muscle car : la Mustang est compacte et polyvalente, quand la Dodge Charger est lourde et orientée performance pure. Un détail qui compte quand vient le moment de choisir.
Les années 60 ont accouché d’une diversité automobile unique. Des légendes de circuit aux berlines familiales visionnaires, chaque modèle raconte une histoire que les passionnés d’aujourd’hui ont encore plaisir à faire vivre sur les routes.







