Moteur PureTech à éviter : faut-il fuir ce bloc essence ?
Le moteur PureTech fait beaucoup parler de lui, et pas toujours en bien. Vous hésitez à acheter une voiture équipée de ce bloc essence ? Nous allons vous donner les clés pour comprendre cette motorisation et prendre une décision éclairée.
Les premières générations posent effectivement de sérieux problèmes de fiabilité, mais les versions récentes ont bénéficié d’améliorations significatives. Regardons ensemble ce qu’il faut vraiment savoir sur ces moteurs qui équipent des millions de véhicules.
Le moteur PureTech est-il vraiment à éviter ?
Les premières générations (2013-2018) posent problème
Les moteurs PureTech 1.2 commercialisés entre 2013 et 2018 présentent des défauts récurrents de conception qui justifient une réelle prudence. Une action collective est d’ailleurs en cours contre Stellantis pour vices cachés sur ces blocs.
Les propriétaires de Peugeot 208 et 308 de cette période témoignent de pannes majeures dès 50 000 à 80 000 km. Les turbocompresseurs et les systèmes d’injection tombent en panne prématurément, avec des factures de réparation oscillant entre 5 000 et 10 000 euros.
Le problème le plus fréquent concerne la consommation excessive d’huile, qui peut dépasser 0,5 litre pour 1 000 km. Cette surconsommation entraîne un encrassement rapide de la vanne EGR et du turbo, menant à des défaillances prématurées du moteur.
Les versions récentes sont-elles plus fiables ?
Bonne nouvelle : Stellantis a apporté des modifications substantielles depuis 2020. Les nouvelles versions intègrent un turbo à géométrie variable, des segments de piston renforcés et une lubrification optimisée.
Ces améliorations limitent désormais la consommation d’huile à 0,2 litre pour 1 000 km maximum. Les modèles post-2022 affichent également une fiabilité du turbo améliorée de 30 % selon les données constructeur.
Stellantis a même étendu sa garantie à 8-10 ans ou 160 000 km sur les versions hybrides rechargeables. Cela démontre une confiance accrue du constructeur dans ses dernières évolutions techniques.
Qu’est-ce que le moteur PureTech et où le trouve-t-on ?
Le PureTech désigne une gamme de moteurs essence trois cylindres développée par PSA (aujourd’hui Stellantis) depuis 2013. Ces blocs utilisent le downsizing, un turbocompresseur et l’injection directe pour réduire consommation et émissions.
Les cylindrées varient de 1.0 à 1.2 litre, avec des puissances s’échelonnant de 75 à 130 chevaux. La version 1.2 PureTech 100 ch affiche une consommation moyenne de 5,3 à 5,8 litres aux 100 km selon la norme WLTP.

Vous retrouvez ces moteurs dans un large éventail de modèles du groupe :
- Peugeot 208, 308, 2008, 3008 et 5008.
- Citroën C3, C4 et C5 Aircross.
- Opel Corsa, Astra et Mokka.
- DS3, DS4 et DS7 Crossback.
L’objectif de PSA était clair : proposer des moteurs essence performants avec des émissions de CO2 réduites de 25 % par rapport aux anciens blocs. Le record de consommation établi en 2016 témoigne du potentiel de cette technologie : 2,93 litres aux 100 km.
Quels sont les principaux problèmes de fiabilité du PureTech ?
Le taux de panne du turbo et de l’injection dépasse 15 % avant 100 000 km sur les modèles 2014-2017 selon les études associatives. C’est clairement au-dessus de la moyenne du marché.
La chaîne de distribution connaît une usure prématurée sur les premières générations. Elle nécessite un remplacement vers 80 000 km au lieu des 200 000 km habituels, pour un coût d’environ 1 500 euros.
L’encrassement de la vanne EGR représente un autre point noir. L’usage exclusivement urbain aggrave ce phénomène, car le moteur n’atteint jamais sa température optimale pour l’auto-nettoyage.
Vous devez surveiller plusieurs symptômes qui doivent vous alerter. Si vous constatez un voyant moteur allumé, consultez notre guide sur les voyants de la Peugeot 208 pour identifier la panne. Pour les propriétaires de 3008, nous vous recommandons également de comprendre les différents voyants du tableau de bord.

Faut-il éviter une voiture PureTech d’occasion ?
Notre conseil est sans appel pour les modèles 2013-2018 : évitez-les absolument si vous n’avez pas un historique d’entretien complet. Le risque financier est trop important compte tenu des pannes potentielles.
Ces véhicules subissent d’ailleurs une décote importante sur le marché de l’occasion. Comptez 20 à 30 % de moins que les équivalents diesel ou hybrides de la même année.
Pour les modèles post-2020, l’achat devient envisageable si vous respectez ces conditions :
- Kilométrage inférieur à 80 000 km avec justificatifs.
- Factures d’entretien en concession ou garage agréé Stellantis.
- Diagnostic OBD complet incluant turbo et vanne EGR (200-300 euros).
- Contrôle de la consommation d’huile réelle du véhicule.
- Extension de garantie constructeur si disponible (environ 500 euros).
Privilégiez un usage mixte incluant 20 % d’autoroute mensuel pour limiter l’encrassement. Prévoyez également des vidanges tous les 10 000 km au lieu des 20 000 km recommandés par le constructeur.
Franchement, si votre budget le permet, une alternative comme un hybride Toyota offrira une fiabilité supérieure sur le long terme. Mais un PureTech récent bien entretenu peut rendre service, à condition de rester vigilant.







