FAP et catalyseur : quelles sont les différences ?
Vous vous interrogez sur la différence entre un FAP et un catalyseur ? Ces deux équipements de dépollution ne jouent pas le même rôle dans votre ligne d’échappement. Le catalyseur transforme chimiquement les gaz toxiques, tandis que le FAP filtre physiquement les particules solides.
Nous vous expliquons précisément comment ces systèmes fonctionnent, où ils se situent et quels véhicules en sont équipés. Vous saurez aussi les éviter les erreurs qui peuvent vous coûter cher.
Les principales différences entre FAP et catalyseur
Le catalyseur transforme les gaz toxiques
Le catalyseur agit sur les gaz d’échappement grâce à un procédé chimique. Il contient des métaux précieux (platine, palladium, rhodium) déposés sur un support céramique en nid d’abeilles.
Ces métaux accélèrent des réactions d’oxydoréduction entre 400 et 800°C. Concrètement, le catalyseur convertit le monoxyde de carbone (CO) en dioxyde de carbone (CO2), les hydrocarbures imbrûlés (HC) en eau et CO2, et les oxydes d’azote (NOx) en azote et eau. Son efficacité dépasse 95 % sur ces gaz polluants.
Nous retrouvons le catalyseur sur tous les véhicules essence depuis 1993 et diesel depuis 2000. Il traite uniquement les gaz gazeux, sans aucune action sur les particules solides.
Le FAP filtre les particules solides
Le FAP (filtre à particules) fonctionne différemment. Sa structure en céramique, dotée d’environ 50 canaux par cm², capture mécaniquement les particules fines de suie et de carbone.
Ces particules solides (PM10 et PM2.5) restent piégées dans le filtre. Pour éviter le colmatage, le FAP se régénère régulièrement en brûlant les suies accumulées. Cette combustion nécessite une température de 550 à 600°C.
La régénération peut être passive (sur autoroute, naturellement) ou active (déclenchée par le calculateur via une post-injection de carburant). Le FAP piège plus de 95 % des particules fines. Sur une Peugeot 308 diesel par exemple, le FAP capture 99 % de la suie restante après passage dans le catalyseur.

Comment fonctionnent ces deux systèmes de dépollution ?
Le catalyseur repose sur une action purement chimique. Les gaz d’échappement traversent son support céramique où les métaux précieux provoquent des réactions instantanées. Aucune accumulation ni besoin d’entretien spécifique, tant que vous utilisez un carburant de qualité.
Le FAP combine filtration mécanique et régénération thermique. Voici son cycle de fonctionnement :
- Les particules s’accumulent dans les canaux fermés du filtre.
- Un capteur de pression différentielle mesure le colmatage (saturation).
- À 45 % de saturation, le calculateur déclenche une régénération.
- La température monte à 550-600°C pendant 20 à 30 minutes pour brûler les suies.
Certains FAP utilisent un additif à base de cérium ou de fer. Cette solution abaisse la température de régénération à 450°C, facilitant la combustion. Le réservoir d’additif (4 à 5 litres) se remplace tous les 60 à 120 000 km.
Sur un diesel HDI, la post-injection après le point mort haut chauffe l’échappement à plus de 3000 tr/min. Cette opération dure environ 20 minutes et s’effectue automatiquement.
Diesel ou essence : qui est équipé de quoi ?
Le catalyseur équipe obligatoirement tous les véhicules essence depuis la norme Euro 1 (1993) et tous les diesel depuis Euro 3 (2000). Nous le retrouvons donc sur l’ensemble du parc automobile récent.
Le FAP concerne principalement les diesel depuis Euro 5 (2009), avec plus de 90 % des moteurs concernés. Les motorisations essence à injection directe sont aussi équipées depuis Euro 6d (2018+), sous l’appellation GPF (Gasoline Particulate Filter).
| Type de moteur | Catalyseur | FAP/GPF | Système additionnel |
| Diesel moderne | Oui | Oui (FAP) | SCR + AdBlue (NOx) |
| Essence injection directe | Oui | Oui (GPF) | Non |
| Essence indirecte | Oui | Non | Non |
Un diesel HDI Peugeot combine catalyseur, FAP et SCR. Une essence PureTech 1.2 associe catalyseur et GPF placé après ce dernier.
Le catalyseur se positionne en amont, juste après le collecteur d’échappement, à moins d’un mètre du moteur. Cette proximité garantit une montée rapide en température. Le FAP se trouve en aval, après le catalyseur (et parfois le SCR), avant le silencieux.

Les erreurs à éviter et conseils d’entretien
Ne négligez jamais les voyants FAP sur votre tableau de bord. Un colmatage avancé génère une contre-pression supérieure à 2 bars qui peut endommager le turbo ou le moteur. Si vous constatez un voyant moteur allumé, vérifiez l’état de votre système de dépollution.
Les trajets courts exclusivement empêchent la régénération passive. Cela multiplie les régénérations actives et provoque une dilution de l’huile moteur de 5 à 10 %. Roulez au moins 20 à 30 minutes par semaine à plus de 3000 tr/min en 4e ou 5e vitesse.
La suppression du FAP reste illégale en France. Vous risquez 7500 € d’amende, un refus au contrôle technique et l’invalidation de votre assurance. De plus, confondre FAP et catalyseur au diagnostic vous fera perdre du temps : le FAP se mesure par pression différentielle, le catalyseur via les sondes lambda.
Voici nos conseils pratiques pour prolonger la durée de vie de vos équipements :
- Vérifiez la pression différentielle du FAP via un scanner OBD (application Torque). Au-delà de 50 mbar, consultez un professionnel.
- Remplacez l’additif FAP selon les préconisations constructeur (tous les 60 à 120 000 km).
- Réalisez un décalaminage hydrogène tous les 50 000 km. Cette opération réduit les suies de 30 à 50 % et double la longévité du FAP.
- Faites contrôler annuellement l’opacité et le système EOBD lors du contrôle technique.
Un remplacement de FAP coûte entre 400 et 1500 € selon le modèle. Les symptômes d’un FAP bouché incluent une perte de puissance, une surconsommation de 1 à 2 litres aux 100 km, un niveau d’huile qui monte et des fumées noires à l’échappement.







